La Fed maintient sa politique inchangée en juillet, sans donner beaucoup d’indications sur l’avenir

M. Warsh considère les rendements obligataires comme un indicateur de la santé de l’économie, mais le nouveau style de communication de la Fed ne donne guère d’éléments de repère aux investisseurs.

Le bâtiment Marriner S. Eccles de la Réserve fédérale, siège du Conseil de la Réserve fédérale.
Brooks Kraft pour Getty

Kevin Warsh vient de participer à sa deuxième réunion du Comité fédéral de l’open market (FOMC) en tant que président de la Réserve fédérale, et nous ne savons toujours pas grand-chose de la manière dont la banque centrale fonctionnera sous sa direction. Lors de la réunion d’aujourd’hui, la Fed a maintenu le taux des fonds fédéraux inchangé.

L’issue était incertaine à la veille de la réunion ; hier encore, les marchés tablaient sur une probabilité de 30 % d’une hausse des taux. Cela sort de l’ordinaire par rapport à l’histoire récente, car les décisions du FOMC ont été progressivement annoncées au cours des semaines précédant chaque réunion. Mais ce qui est encore plus frappant, c’est que la Fed est restée pratiquement silencieuse quant à ses prochaines mesures.

Le taux des fonds fédéraux est maintenu dans une fourchette cible comprise entre 3,50 % et 3,75 % depuis plus de sept mois. La dernière mesure prise par la Fed consistait en un cycle de baisses, qui a entraîné une réduction cumulative de 1,75 pt de pourcentage entre septembre 2024 et décembre 2025. Toutefois, la Fed devrait désormais recommencer à relever ses taux, en raison de l’accélération de l’inflation et de l’atténuation des craintes concernant le marché du travail.

Pourquoi la Fed n’a-t-elle pas procédé à une hausse des taux ? Vous l’ignorez. Le communiqué publié à l’issue de la réunion de la Fed est resté inchangé par rapport au mois dernier. Nous savons toutefois que, contrairement à la réunion du mois dernier, trois des douze membres votants se sont opposés à la décision d’aujourd’hui, se prononçant en faveur d’une hausse. Lors de la conférence de presse, M. Warsh a été interrogé sur les raisons pour lesquelles la majorité du comité avait décidé de maintenir le statu quo et pourquoi les trois dissidents avaient plaidé en faveur d’une hausse. Il n’a pas souhaité apporter de réponse concrète à l’une ou l’autre de ces questions.

Dans l’ensemble, M. Warsh n’a révélé que peu d’informations significatives lors de cette conférence de presse. Il ne s’est pas montré taciturne, mais, face à la plupart des questions, il a détourné la conversation vers des considérations plus philosophiques liées à la politique monétaire ou vers de simples lieux communs. Il a certes tenu des propos grandiloquents sur la capacité de la Fed à mieux atteindre ses objectifs, en répétant à maintes reprises l’expression « plus de cinq ans… d’inflation élevée ». Mais il n’a guère donné d’éléments concrets.

Bien sûr, selon la philosophie de M. Warsh, la Fed devrait communiquer beaucoup moins qu’auparavant ; la réticence affichée aujourd’hui n’était donc pas vraiment surprenante. M. Warsh a exprimé le souhait que les actrices et les acteurs du marché consacrent davantage de temps à réfléchir à la situation économique et moins de temps à s’interroger sans cesse sur les décisions de la Fed.

Cela nous amène au seul endroit où nous pourrions peut-être glaner des indices sur la réflexion de M. Warsh : ses commentaires sur les récentes évolutions du marché. Il a évoqué la récente hausse des taux des bons du Trésor. Le taux à 10 ans a augmenté d’environ 20 pb depuis son accession à la présidence. Il n’a pas explicitement approuvé cette hausse des taux, mais il lui a apporté un soutien implicite, affirmant qu’il s’agissait d’un exemple de « réaction en temps réel des marchés aux informations qui leur parviennent ».

Cette hausse des rendements s’étant accompagnée d’un certain raffermissement des anticipations de hausse des taux, cela laisse penser que M. Warsh se prononcera en faveur d’un certain resserrement de la politique monétaire lors des prochaines réunions. À l’heure actuelle, le marché table sur une hausse des taux en 2026 et une deuxième début 2027.

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