Points clés à retenir
- La profitabilité des banques européennes a fortement augmenté au deuxième trimestre 2026, le résultat net de notre échantillon ayant progressé d’environ 18 % par rapport à la même période de l’année précédente.
- La croissance du chiffre d’affaires a dépassé celle des coûts, ce qui a permis d’améliorer le ratio coûts/revenus moyen à 47,8 %.
- La qualité des actifs et la capitalisation sont restées solides, ce qui confirme nos perspectives de crédit favorables.
La saison des résultats du deuxième trimestre 2026 s’est achevée la semaine dernière pour la plupart des grandes banques européennes. Nous avons examiné un échantillon de 17 groupes bancaires de grande et moyenne taille répartis dans l’Union européenne et au Royaume-Uni (voir annexe). La sélection des banques a été conçue pour offrir une large couverture des principaux marchés bancaires européens et des différents modèles économiques, notamment les banques de détail nationales, les banques universelles diversifiées, les groupes axés sur la banque d’investissement et les entités spécialisées dans la gestion de patrimoine.
Dans l’ensemble, le deuxième trimestre a une nouvelle fois affiché de solides résultats dans l’ensemble du secteur. En moyenne, le bénéfice net trimestriel cumulé de notre échantillon a augmenté d’environ 18 % en glissement annuel. La profitabilité est restée solide, atteignant même des niveaux records dans plusieurs cas, soutenue par une bonne dynamique commerciale, un produit net d’intérêts (PNI) résilient, une hausse des commissions perçues et des coûts de crédit maîtrisés, malgré un environnement macroéconomique et géopolitique incertain. Ces bons résultats ont également conduit certaines banques à revoir leurs objectifs financiers à la hausse.
À notre avis, les résultats du deuxième trimestre 2026 confirment nos perspectives de crédit favorables pour les banques européennes pour le reste de l’année 2026. Les banques continuent de bénéficier d’une meilleure diversification de leurs revenus, d’une discipline en matière de coûts, d’une bonne qualité d’actifs et d’une capitalisation solide. Bien que l’évolution de la situation géopolitique reste l’un des principaux risques baissiers, les tendances actuelles indiquent que la plupart des banques sont bien placées pour atteindre, voire dépasser, leurs objectifs pour 2026, ou pour faire face à un environnement opérationnel plus difficile si les conditions venaient à se détériorer.
Une forte dynamique de chiffre d’affaires, des résultats d’exploitation positifs et la poursuite des investissements dans la numérisation
Les résultats du deuxième trimestre 2026 ont bénéficié à la fois d’un produit net d’intérêt résilient, d’une hausse des revenus de commissions et d’une activité soutenue sur les marchés des capitaux. Si la baisse des rendements des actifs a continué d’exercer une certaine pression sur les marges sur certains marchés, de nombreuses banques ont compensé cette tendance grâce à la croissance des prêts, à une dynamique favorable des dépôts, à la baisse des coûts de financement et à la contribution des programmes de couverture structurelle. La hausse des taux décidée par la BCE en juin 2026, la première depuis 2023, devrait apporter un soutien supplémentaire au produit net d’intérêts au cours des prochains trimestres sur certains marchés.
Les revenus issus des commissions ont également joué un rôle important dans la croissance du chiffre d’affaires. Plusieurs banques ont bénéficié d’une dynamique plus soutenue de l’activité de leurs clientes et clients dans les domaines de la gestion de patrimoine, de l’assurance et des paiements. En outre, les banques disposant d’activités importantes dans la banque d’investissement, telles que la Deutsche Bank DBK, UBS UBS et BNP Paribas BNP, ont enregistré une hausse de leurs revenus liés aux marchés de capitaux, portée par une volatilité accrue des marchés, qui a entraîné une forte activité des clientes et clients et stimulé les revenus liés aux opérations de négoce.
La croissance du chiffre d’affaires a généralement dépassé celle des coûts, ce qui s’est traduit par une marge d’exploitation positive et de nouvelles améliorations en termes d’efficacité. Plus précisément, sur l’ensemble de notre échantillon, le chiffre d’affaires total a augmenté d’environ 9 % en glissement annuel au deuxième trimestre 2026, en moyenne, tandis que les charges d’exploitation ont progressé d’environ 5 %, reflétant principalement l’inflation salariale et les investissements. En conséquence, le ratio coûts/revenus moyen s’est amélioré pour s’établir à 47,8 %, contre 50,3 % au deuxième trimestre 2025.
Les banques ont continué à investir dans des programmes visant à améliorer l’efficacité opérationnelle, l’évolutivité, l’engagement client et les contrôles des risques. Ces initiatives comprennent des investissements dans l’IA, le cloud et les infrastructures de données, l’automatisation, les plateformes numériques et la simplification des systèmes existants. Citons, à titre d’exemple, la création par BBVA BVA d’une unité dédiée à la transformation par l’IA, la nomination par la Bank of Ireland d’un directeur de l’IA (Chief AI Officer) et le projet de Rabobank d’investir jusqu’à 2 milliards d’euros au cours des trois prochaines années dans les capacités en matière de données et d’informatique. Nous considérons que ces investissements contribuent à l’efficacité à long terme des banques et à la compétitivité de leur marque.
Les excellents résultats enregistrés au premier semestre ont également conduit plusieurs banques à revoir à la hausse leurs objectifs financiers ou leurs prévisions. ING INGA a relevé ses objectifs de revenus et de profitabilité pour 2026 et 2027, Intesa Sanpaolo ISP a revu à la hausse ses prévisions de résultat net pour 2026 à plus de 10 milliards d’euros, BBVA a relevé son objectif de ROTE pour 2026, et la Société Générale GLE a revu à la hausse son objectif de rentabilité des capitaux propres (ROTE) pour 2026 ainsi que son objectif de réduction des coûts.
La qualité des actifs reste solide, tandis que les importantes réserves de fonds propres offrent la flexibilité nécessaire pour soutenir la croissance et la performance pour les actionnaires
La qualité des actifs est restée solide au deuxième trimestre 2026 malgré des tensions géopolitiques accrues. La plupart des banques ont fait état d’indicateurs de crédit stables ou en amélioration, d’un afflux limité de nouveaux prêts non performants (PNP) et de coûts du risque maîtrisés. À l’avenir, nous restons modérément prudents quant à l’évolution future de la qualité des actifs, compte tenu de l’incertitude géopolitique persistante et de la reprise des pressions à la hausse sur les prix de l’énergie et l’inflation.
Au sein de notre échantillon, le volume total des prêts non performants (PNP) a augmenté d’environ 4 % en glissement annuel pour s’établir à environ 190 milliards d’euros. Toutefois, le ratio brut moyen des PNP a reculé d’environ 20 points de base pour s’établir à 1,9 %, ce qui s’explique en grande partie par la croissance des prêts. De plus, nous ne disposons d’aucun élément indiquant une politique d’octroi de crédits trop laxiste ou un affaiblissement significatif des critères de crédit au sein de notre univers d’analyse.
Néanmoins, des poches de risque subsistent dans certains secteurs spécifiques ou au titre d’expositions historiques, notamment le financement automobile au Royaume-Uni, les portefeuilles de prêts hypothécaires en francs suisses en Pologne, l’immobilier d’entreprise et certaines expositions sur des entreprises individuelles. À l’heure actuelle, ces risques sont gérables au regard de la capacité des banques à générer des bénéfices, de leurs niveaux de provisionnement et de leurs réserves de fonds propres.
La capitalisation est également restée solide malgré les distributions aux actionnaires. Le ratio moyen de fonds propres de base de catégorie 1 (CET1) de notre échantillon s’est établi à environ 14,9 %, restant globalement inchangé par rapport au deuxième trimestre 2025 et au quatrième trimestre 2025. La forte génération interne de capitaux, les initiatives d’optimisation du capital et la gestion rigoureuse du bilan ont continué à compenser l’impact des distributions généreuses aux actionnaires et de la croissance de l’activité.
Plusieurs banques, dont la Deutsche Bank, Barclays BARC et la Société Générale, ont annoncé des distributions supplémentaires aux actionnaires, principalement par le biais de programmes de rachat d’actions. À notre avis, ces annonces témoignent de la confiance des dirigeants dans la durabilité des bénéfices et de la capacité à générer des capitaux, malgré un contexte géopolitique incertain. Parallèlement, les banques restent à l’affût de cibles d’acquisition intéressantes, tout en continuant à explorer des opportunités de croissance.

