Le projet de coentreprise à parts égales entre Natixis Investment Managers et Generali G a récemment fait l’objet de spéculations selon lesquelles un accord pourrait ne pas être conclu avant la fin de l’année, en raison de la forte opposition de deux des principaux actionnaires de Generali, dans un contexte de tensions politiques et de réticence du gouvernement italien.
Notre étude sur les tendances en matière de consolidation dans le secteur européen de la gestion d’actifs a révélé que les entreprises qui connaissent une croissance organique ont tendance à adopter des pratiques plus favorables aux détenteurs de fonds et à développer une culture d’investissement plus forte que les entreprises qui procèdent fréquemment à des fusions-acquisitions.
Si la politique est imprévisible, la fusion doit également faire face à d’autres défis. Natixis IM et Generali ont justifié ce rapprochement par la volonté de gagner en envergure, mais ce type de fusion nécessite généralement une intégration complète des équipes d’investissement et des gammes de produits, ce qui semble peu probable dans le cas présent. L’approche non interventionniste de Natixis avec ses filiales telles que Loomis Sayles a favorisé le développement de cultures d’investissement distinctes, mais n’a pas permis d’éviter des problèmes tels que ceux rencontrés chez H2O, une société dont Natixis IM est toujours en train de se séparer. Les récentes acquisitions de Conning et MGG par Generali ajoutent à la complexité et il est difficile d’imaginer comment une galaxie Natixis-Generali, composée d’entités aussi disparates, pourrait fonctionner comme une unité cohérente.
Quelle que soit l’issue de cette situation, une période d’incertitude aussi longue peut avoir des effets négatifs sur les équipes d’investissement des deux sociétés, en sapant leur moral, en les détournant de leur mission première qui consiste à générer de la performance pour les investisseurs, et en entraînant potentiellement une perte de talents si les gestionnaires les plus performants décident de quitter le navire. Cela souligne l’importance pour les investisseurs de choisir un gestionnaire de capital solide, c’est-à-dire une société qui met en place les incitations appropriées pour que les équipes d’investissement obtiennent les meilleurs résultats possibles.

