Points à retenir
- Les cotes pour une hausse des taux d’intérêt en septembre sont passées à 85%, contre 72% la veille et environ 50% il y a un mois.
- Le revirement des anticipations observé vendredi fait suite à la publication de nouvelles données sur l’inflation, qui ont montré que les pressions sur les prix restaient nettement supérieures à l’objectif de la Fed.
- Les responsables de la Fed sont restés divisés sur la politique monétaire cet été, certains se prononçant en faveur d’un maintien des taux inchangés et d’autres plaidant pour des hausses afin de ramener l’inflation à son objectif.
Les données de l’inflation publiées vendredi semblent confirmer la nécessité d’une hausse des taux d’intérêt lors de la réunion de la Réserve fédérale prévue la semaine prochaine, en septembre. La décision sera annoncée mercredi.
Selon le Bureau des statistiques du travail, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 3,4% en glissement annuel et de 0,4% en glissement mensuel au mois d’août. Ces hausses ont été généralisées et ont notamment été alimentées par la hausse des prix de l’essence liée à la guerre qui fait rage en Iran.
Dans ce contexte, selon le CME FedWatch, les cotes pour une hausse de un quart de point avoisinent désormais les 85%. Les opérateurs parient que les données élevées concernant l’inflation suffiront à convaincre le Comité fédéral de l’open market (FOMC) de procéder à une hausse. Hier, ces cotes étaient estimées à 72%, contre moins de 50% il y a un mois.
« Même si ce chiffre d’inflation n’était pas particulièrement élevé, la Fed avait besoin d’un taux d’inflation sous-jacente beaucoup plus proche d’un rythme annualisé de 2% pour continuer à s’abstenir de relever ses taux », explique Preston Caldwell, économiste senior spécialisé dans l’économie américaine chez Morningstar. « Dans ces conditions, la Fed va très probablement relever le taux des fonds fédéraux lors de sa réunion de septembre. »
Addison Maier, gérant de portefeuille chez Janus Henderson Investors, a écrit vendredi dans une note que, bien que les données présentent certains signes encourageants, notamment un ralentissement de l’inflation des biens attribuable à l’atténuation de l’impact des droits de douane, c’est «trop peu, trop tard pour éviter une hausse des taux».
Les dynamiques au sein de la Fed jouent également un rôle. « Les propos tenus par le président Warsh à Jackson Hole, conjugués aux anticipations actuelles du marché, ont considérablement alourdi le coût d’une déception par rapport aux attentes », ont écrit vendredi les économistes de Bank of America. Lors de ce discours très suivi à Jackson Hole, M. Warsh a souligné son engagement à lutter contre l’inflation: «La stabilité des prix ne va pas de soi, pas plus que l’inflation ne revient nécessairement à sa moyenne. C’est à la Fed qu’il incombe d’assurer la stabilité des prix.»

