Points à retenir
- Comme largement anticipé, la BCE a maintenu ses taux d’intérêt inchangés pour la cinquième réunion consécutive.
- La majorité des prévisionnistes s’attendent à des taux stables pour le reste de l’année 2026.
- L’inflation dans la zone euro semble maîtrisée, mais des risques de ralentissement sont apparus dans un contexte de renforcement de l’euro, l’inflation en janvier ayant reculé à 1,7 % en glissement annuel.
La Banque centrale européenne a maintenu jeudi son taux d’intérêt inchangé à 2 %, comme largement anticipé. Cette décision marque la cinquième pause consécutive dans le cycle de baisse des taux qui a débuté en juin 2024.
« Son évaluation actualisée confirme à nouveau que l’inflation devrait se stabiliser à son objectif de 2 % à moyen terme », a déclaré la banque dans son communiqué de presse, réitérant sa formulation précédente. « L’économie reste résiliente dans un environnement mondial difficile. Le faible taux de chômage, la solidité des bilans du secteur privé, le déploiement progressif des dépenses publiques dans les domaines de la défense et des infrastructures, ainsi que les effets favorables des baisses de taux d’intérêt passées soutiennent la croissance. »
La banque centrale n’a fourni aucune indication prospective sur les taux d’intérêt.
« Avec des taux d’intérêt déjà bas à 2 % et une inflation qui oscille autour du niveau cible de 2 % fixé par la Banque centrale européenne, la banque n’est pas pressée de modifier ses taux », explique Michael Field, stratège en chef pour les marchés européens chez Morningstar.
Cette décision intervient au lendemain de la publication par Eurostat des chiffres étonnamment bas de l’inflation dans la zone euro pour le mois de janvier. Selon les estimations préliminaires d’Eurostat, les prix à la consommation dans la zone euro ont augmenté de 1,7 % en glissement annuel en janvier, contre 1,9 % en décembre, soit nettement moins que les prévisions consensuelles qui tablaient sur une hausse de 2,0 %.
Le renforcement de l’euro, qui a atteint en janvier son plus haut niveau par rapport au dollar américain depuis 2021, rend les importations moins coûteuses pour les acheteurs de la zone euro, ce qui accentue la pression à la baisse sur l’inflation. Parallèlement, le renforcement de la monnaie unique pourrait constituer un obstacle pour les exportateurs de la zone euro, alors même que l’économie de la région montre des signes timides de reprise.
La Banque d’Angleterre a également maintenu ses taux inchangés jeudi.
Le personnel de la BCE a révisé ses prévisions économiques pour la dernière fois en décembre 2025. Il prévoit une inflation globale moyenne de :
- 2,1 % en 2025 (identique aux prévisions de septembre)
- 1,9 % en 2026 (contre 1,7 % actuellement)
- 1,8 % en 2027 (contre 1,9 % précédemment)
- 2,0 % en 2028 (nouvelle prévision)
Les prochaines prévisions concernant l’inflation et la croissance seront publiées le 19 mars.
Quels sont les principaux taux d’intérêt de la BCE ?
La première baisse des taux de la BCE a eu lieu en juin 2024 et au total huit baisses de taux ont ramené le taux de la facilité de dépôt de 4,00 % à son niveau actuel de 2,00 %. Depuis le 11 juin 2025, les trois taux directeurs de la BCE s’établissent comme suit :
- Taux de la facilité de dépôt : 2,00 %
- Taux de refinancement principal : 2,15 %
- Facilité de prêt marginal : 2,40 %
La BCE réduira-t-elle ses taux en mars ?
La vigueur de l’euro par rapport au dollar américain augmente légèrement le risque que l’inflation tombe en dessous de l’objectif de 2 % au cours de l’année, selon Felix Schmidt, économiste à la Berenberg Bank. « Si l’euro continue de s’apprécier jusqu’à la réunion de la BCE du 19 mars, lors de laquelle les nouvelles prévisions seront présentées, la BCE devra finalement revoir à la baisse ses prévisions d’inflation de décembre, qui, à 1,9 % pour 2026 et 1,8 % pour 2027, sont déjà inférieures à l’objectif de 2 %. Cela rendrait plus probable une nouvelle baisse des taux », explique-t-il.
Selon Felix Feather, économiste chez Aberdeen Investments, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a déjà fait part de sa tolérance à l’égard d’un euro fort. « Nous nous attendons à ce qu’ils renforcent ce point de vue et s’opposent aux récentes fluctuations des marchés des swaps, qui anticipent une éventuelle baisse des taux d’intérêt par la BCE en réponse à la vigueur de l’euro. Nous prévoyons que la BCE maintiendra son taux d’intérêt directeur inchangé tout au long de l’année », a-t-il déclaré avant la réunion.
Joerg Held, responsable de la gestion de portefeuille chez Ethenea Independent Investors, déclare : « Nous prévoyons une mesure d’assouplissement nécessaire et au maximum deux mesures possibles en 2026, mais pas à court terme et uniquement si cela s’avère absolument nécessaire. »
« Nous importons la déflation via l’euro fort. La BCE surveille cela de très près, mais nous sommes encore loin du point où elle devrait prendre des contre-mesures », explique M. Held.
Comment les baisses de taux affectent-elles les investisseurs ?
Les marchés boursiers ont tendance à progresser en anticipation des baisses de taux. Sur les marchés obligataires, la baisse des taux d’intérêt entraîne une diminution des rendements, ce qui fait augmenter les prix des obligations. La baisse des taux rend également les obligations existantes, en particulier celles déjà émises pendant une période de taux élevés, plus attractives en termes de rendement.
Parallèlement, les taux des comptes d’épargne diminueront, ce qui aura un impact sur les épargnants. En revanche, les emprunteurs bénéficieront d’une baisse du coût des prêts à la consommation et des prêts hypothécaires.
À quelles dates se tiendront les réunions de la BCE en 2026 ?
- 19 mars 2026
- 30 avril 2026
- 11 juin 2026
- 23 juillet 2026
- 10 septembre 2026
- 29 octobre 2026
- 17 décembre 2026

