Les Émirats arabes unis ont annoncé qu’ils quitteraient l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) après soixante ans d’adhésion, avec effet au 1er mai.
Pourquoi est-ce important ? Les Émirats arabes unis sont l’un des plus grands producteurs de pétrole du Moyen-Orient, derrière l’Arabie saoudite et l’Irak. Nous considérons cette dernière décision comme la poursuite des ambitions énergétiques des Émirats arabes unis, qui sont devenus l’une des puissances énergétiques diversifiées de la région, portées par l’électrification et la croissance économique.
- En dehors de l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis sont l’un des rares membres à disposer d’une capacité de réserve significative. C’est le mécanisme par lequel le groupe exerce son influence sur les prix mondiaux du pétrole.
- Même si les répercussions du retrait des Émirats arabes unis ne se feront pas sentir immédiatement compte tenu des perturbations dans le détroit d’Ormuz, nous sommes convaincus qu’il y aura des répercussions à long terme, qui se traduiront par un affaiblissement structurel de l’OPEP. Cela permet également aux Émirats arabes unis de tirer parti de leurs réserves à faible coût.
En conclusion : nous pensons que le retrait des Émirats arabes unis de l’OPEP constitue une victoire de politique étrangère pour les États-Unis, car la perte de l’un des principaux producteurs de pétrole du Moyen-Orient sape l’influence de l’OPEP. Cela marque la poursuite du redécoupage des alliances géopolitiques, qui a vu les États-Unis se rapprocher de pays non occidentaux.
- Pour les producteurs américains, cependant, les implications sont probablement mitigées, avec des aspects positifs (une plus grande protection vis-à-vis du Moyen-Orient) et négatifs (la nécessité éventuelle de réduire la production si les Émirats arabes unis augmentent l’offre dans un contexte de faible demande pour assurer leur profitabilité).
Entre les lignes : les Émirats arabes unis avaient probablement évalué depuis des années les avantages de mener une politique différente et de monétiser leurs réserves. Les attaques de missiles et de drones menées par l’Iran sur leur territoire et contre le transport maritime ont sans doute été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

