Points clés
- Les actions du secteur du luxe ont affiché des résultats médiocres au premier semestre, ce qui explique la sous-performance du secteur sur les marchés boursiers.
- Toutefois, les résultats pourraient s’améliorer en 2026.
- De nombreuses actions semblent désormais attractives.
Les résultats décevants du premier semestre du titre de luxe LVMH MC n’ont guère dissipé les doutes des investisseurs quant à une possible reprise du secteur en difficulté. Mais avec plusieurs titres du secteur qui se négocient désormais à des décotes importantes et l’espoir d’une année 2026 plus positive, la question se pose de savoir si les investisseurs devraient s’intéresser à nouveau au secteur.
Depuis le début de l’année, l’indice Morningstar Global Luxury a reculé de 12,8 % en euros, contre une baisse de 0,4 % pour l’indice Morningstar Global Markets.
La baisse de l’indice des biens de luxe reflète la détérioration continue des fondamentaux cette année, dans un contexte de forte incertitude macroéconomique et politique, marqué notamment par la politique tarifaire du président américain Donald Trump et les craintes d’un ralentissement de l’économie mondiale.
Comment expliquer la sous-performance des biens de luxe ?
Après avoir profité d’un boom de la consommation de produits de luxe jusqu’à la fin de la pandémie en 2023, la plupart des groupes de luxe, à quelques exceptions près, ont vu leur activité ralentir fortement, car même les consommateurs de produits de luxe disposant de liquidités importantes sont devenus de plus en plus sensibles aux prix en raison de la forte hausse de l’inflation.
Les résultats du premier semestre 2025 ont confirmé cette tendance à la baisse, qui, selon Jelena Sokolova, analyste actions chez Morningstar, ne devrait pas s’inverser de sitôt.
« La demande américaine reste volatile et la demande chinoise ne s’améliore pas encore de manière significative, avec des tendances globalement similaires à celles observées au premier trimestre. La rentabilité est sous pression, ce qui n’est pas surprenant compte tenu des coûts fixes élevés et de la baisse des revenus », explique-t-elle.
LVMH est l’un des exemples les plus emblématiques des difficultés auxquelles le secteur est confronté. Au premier semestre, le leader mondial du luxe a vu son chiffre d’affaires à taux de change constant reculer de 4 %, avec une baisse de 7 % de son activité Mode et Maroquinerie, qui regroupe des marques telles que Louis Vuitton, Christian Dior, Céline, Loewe et Loro Piana. Au deuxième trimestre, cette division, qui contribue le plus au chiffre d’affaires et aux résultats de LVMH, a enregistré une baisse de 9 % de son activité.
Cette mauvaise performance explique en grande partie la chute de 27 % du cours de l’action LVMH depuis le début de l’année.
D’autres marques de luxe s’en sont mieux sorties, comme Hermès International RMS et Richemont CFR, qui bénéficient toutes deux d’un positionnement ultra-haut de gamme, leurs produits étant achetés par une clientèle fortunée, donc moins sensible aux prix ou à la conjoncture économique.
Un redressement à partir de 2026
Malgré la pression sur les ventes, il y a toutefois de l’espoir, car une reprise pourrait se produire au cours des prochains trimestres, selon Mme Sokolova.
« Historiquement, les ralentissements dans le secteur du luxe ont duré entre un et deux ans. Nous sommes actuellement dans la deuxième année de faiblesse, je maintiens donc mon scénario de base, qui prévoit une reprise en 2026 », explique-t-elle.
« Les catalyseurs de la reprise de la demande seraient la stabilisation des marchés immobiliers en Chine et l’amélioration du moral des consommateurs chinois. La demande américaine pourrait également toucher le fond et recommencer à croître si le marché boursier reste favorable et si le plan de relance américain continue de soutenir les consommateurs », ajoute-t-elle.
En Chine, la croissance économique a atteint 5,4 % au premier trimestre, soutenue par les exportations (+6,9 %) et, dans une moindre mesure, par la consommation intérieure (+4,6 %). Aux États-Unis, l’activité ralentit, mais la perspective d’une baisse des taux d’intérêt pourrait constituer un soutien.
Où se trouvent les opportunités ?
Pour les investisseurs qui souhaitent s’exposer au secteur, Mme Sokolova recommande notamment quatre sociétés : LVMH, Kering KER, Richemont et Swatch Group UHR.
À l’exception de Richemont, qui a affiché une croissance solide pour le trimestre clos le 30 juin, les trois autres sociétés du secteur se trouvent dans une situation financière légèrement plus compliquée, en particulier Kering et Swatch.
LVMH, qui dispose d’un bilan particulièrement solide et d’un large portefeuille de marques, a déjà commencé à travailler pour préserver ses marges tout en investissant pour soutenir ses marques les plus en difficulté, telles que Dior.
Kering a procédé à plusieurs changements au sein de la direction de ses marques et du groupe, avec le recrutement de Luca de Meo, anciennement chez Renault, pour redresser la plupart de ses marques de luxe, à commencer par Gucci, qui a souffert d’un recul de la clientèle chinoise et américaine.
À l’instar de Kering, Swatch se trouve également dans une situation délicate en raison de sa forte exposition à la Chine. Au premier semestre, le chiffre d’affaires du groupe de luxe a reculé de 7 % à taux de change constants. Les dirigeants espèrent une reprise des ventes en Chine, son principal marché, au second semestre, grâce notamment à la baisse des stocks des grossistes.
Dans le secteur du luxe, d’autres sociétés cotées en bourse affichent actuellement des décotes, notamment Prada 01913, Hugo Boss BOSS et Salvatore Ferragamo SFER.
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