Perspectives du marché boursier canadien pour 2026 : la reprise devrait se poursuivre, mais les gains pourraient être plus modérés

Ces forces déterminent les perspectives des actions canadiennes pour l'année à venir.

Compteur qui passe de 2025 a 2026

Points clés

  • La forte pondération du Canada dans les secteurs des matériaux et des banques offre une couverture stratégique contre l’inflation et la volatilité des technologies liées à l’intelligence artificielle.
  • L’incertitude géopolitique élevée continuera de soutenir les matières premières canadiennes, car les investisseurs recherchent des actifs sûrs.
  • Les faibles taux d’intérêt pourraient continuer à stimuler les performances du secteur financier en 2026.
  • Les révisions commerciales imminentes de l’ACEUM et les droits de douane potentiels représentent les menaces les plus importantes pour l’économie et les marchés canadiens.

Après une année marquée par des gains exceptionnels, les actions canadiennes semblent bien placées pour afficher une solide performance en 2026. Les titres des secteurs des matériaux et des finances devraient tirer le marché boursier du pays vers le haut, grâce à une combinaison de facteurs macroéconomiques : baisse des taux d’intérêt, vigueur des dépenses de consommation, persistance de l’incertitude géopolitique et résolution potentielle du conflit relatif aux droits de douane avec les États-Unis.

Le marché boursier canadien a connu trois années consécutives de hausse. En 2025, l’indice Morningstar Canada a progressé de 32 %. La dernière fois que le Canada a enregistré des gains de cette ampleur, c’était en 2009, lorsque le marché a augmenté de 39 % dans le cadre d’un rebond après la crise financière mondiale.

« Bien qu’aucun marché ne soit éternel, le marché boursier canadien aborde l’année 2026 avec des vents favorables vigoureux et des bases plus équilibrées que celles des États-Unis... les arguments en faveur d’une vigueur relative continue sont toujours d’actualité », déclare Tiago Figueiredo, stratège macroéconomique chez Desjardins Marché des capitaux.

Les valorisations ont augmenté depuis le début de l’année 2025, mais les analystes estiment qu’il existe encore une marge de progression. Toutefois, des risques subsistent en raison de l’incertitude entourant les accords commerciaux et la santé sous-jacente des dépenses de consommation.

La dominance des actions des matériaux et de la finance

Les matériaux et la finance, les deux principaux secteurs du marché boursier canadien, devraient connaître une nouvelle année favorable en 2026. Ensemble, ces secteurs représentent environ la moitié de l’ensemble du marché, de sorte que tout gain substantiel se traduit par une performance solide.

Les prix de l’or et d’autres métaux, notamment l’argent et le cuivre, devraient continuer à augmenter cette année dans un contexte d’incertitude géopolitique, ce qui soutient les perspectives des valeurs liées aux matériaux. L’année dernière, la hausse des prix des matières premières, en particulier la forte augmentation du cours de l’or dans un contexte d’achats refuges, a entraîné des gains exceptionnels pour le secteur.

« Le secteur des matériaux a bénéficié de la hausse des prix de l’or, du cuivre et d’autres minéraux essentiels, les investisseurs cherchant à se protéger contre les risques géopolitiques et inflationnistes », explique Ashish Dewan, stratège en investissement chez Vanguard Canada. Les analystes s’attendent à ce que cette tendance se poursuive jusqu’en 2026.

Par ailleurs, la perspective que les taux d’intérêt restent à leur niveau actuel pendant une grande partie de l’année est de bon augure pour le secteur financier en 2026. La baisse des taux d’intérêt a permis aux banques d’enregistrer des bénéfices plus importants, d’accorder davantage de prêts et d’offrir aux emprunteurs des conditions de renouvellement de prêts hypothécaires plus avantageuses. « Les valeurs financières ont été soutenues par une courbe de rendement plus prononcée, des bénéfices solides et l’apaisement des inquiétudes liées au crédit », explique M. Dewan.

Les actions canadiennes offrent une diversification intéressante face au risque lié à l’IA

« Le principal vent favorable aux actions canadiennes est qu’elles font partie des actions mondiales axées sur la valeur », explique M. Dewan, de Vanguard. Le marché boursier canadien devrait bénéficier de l’adoption de l’intelligence artificielle, qui « s’étend des concepteurs de la technologie aux consommateurs, amplifiant ainsi l’efficacité dans tous les secteurs », ajoute-t-il. De plus, « les incitations fiscales à grande échelle pour les investissements privés prévues dans le budget canadien pourraient accélérer la diffusion de l’IA et soutenir la croissance à long terme ».

M. Figueiredo, de Desjardins, convient que la composition du marché canadien sera un vent favorable en 2026. Il s’attend à ce que bon nombre des dynamiques d’investissement de l’année dernière – une rotation vers les marchés non américains offrant une meilleure valeur, une concentration moins élevée des indices et des sources de rendement plus diversifiées – profitent aux actions canadiennes en 2026. « Le marché boursier canadien bénéficie toujours d’une composition sectorielle plus équilibrée, alors que la performance des actions américaines dépend exceptionnellement des méga-capitalisations technologiques et du discours sur l’IA », explique-t-il. Cette concentration incite les entreprises américaines à trouver des moyens de monétiser l’IA, tandis que « le Canada entame l’année avec un marché boursier qui offre une véritable diversification plutôt qu’une mise sur un seul thème ».

Vents macroéconomiques favorables

En 2026, les thèmes dominants du marché tourneront autour de l’ampleur du cycle d’assouplissement de la Banque du Canada.

« Un environnement de taux bas, s’il se maintient, soutient généralement les multiples boursiers et réduit la probabilité d’un choc de crédit grave, ce qui est particulièrement pertinent dans un marché fortement exposé au risque financier », explique Ben Jang, gestionnaire de portefeuille chez Nicola Wealth.

La majorité des analystes s’attendent à ce que la banque centrale reste en retrait pendant une grande partie de l’année. La Banque ne prendra pas de décision concernant sa politique monétaire avant le 28 janvier.

Un autre facteur positif pourrait être l’augmentation du risque géopolitique et l’incertitude liée à l’inflation, qui, selon M. Jang, favorisent les actifs corporels, tels que l’or et d’autres matières premières. « Le Canada est fortement exposé à ce commerce par le biais des matériaux et de l’énergie », ajoute-t-il.

Les matières premières bénéficient des changements dans la demande induits par l’incertitude mondiale et la transition énergétique en cours. Les prix de l’or, de l’argent, du gaz naturel et des matériaux de base sont en forte hausse, alimentés par la demande mondiale croissante et les risques géopolitiques qui poussent les investisseurs vers des actifs refuges.

Kevin Minas, gestionnaire de portefeuille institutionnel chez Gestion de placements Mawer, identifie le thème « Bâtir le Canada » comme un moteur clé de la croissance économique et un catalyseur pour les marchés. Comme indiqué dans le budget fédéral 2025, « l’approche pragmatique et économiquement constructive du gouvernement en matière de développement des ressources naturelles et des infrastructures [pourrait] enfin stimuler les taux de croissance médiocres du Canada et soutenir les rendements des marchés boursiers », déclare-t-il. La croissance modérée des prêts et la diminution des craintes liées au crédit peuvent également contribuer à améliorer la qualité des bénéfices, ce qui soutiendrait le secteur financier, ajoute-t-il.

Les valorisations disposent encore d’une marge de progression

Les actions canadiennes ont débuté l’année 2025 avec des valorisations nettement inférieures, l’indice Canada Index affichant un ratio cours/bénéfices sur 12 mois de 18,59, derrière le ratio de 26,43 de l’indice Morningstar US Market Index. Cependant, la solide performance annuelle signifie également que l’avantage du marché canadien en termes de valorisation s’est quelque peu estompé, réduisant l’écart de prix entre les deux indices.

M. Minas, de Mawer, affirme que même si les titres canadiens ne sont plus bon marché, ils ont encore du potentiel. « Le Canada se négocie actuellement au-dessus de sa moyenne à long terme, il est donc raisonnable de conclure que nous nous sommes rapprochés de la juste valeur, mais cela n’exclut pas une hausse supplémentaire, dit-il. Une partie de la décote structurelle s’est résorbée, compte tenu des résultats enregistrés dans toutes les régions, mais cela ne suffit pas, à notre avis, pour parler d’un changement de régime. »

Cela dit, M. Dewan, de Vanguard, affirme qu’il est difficile de prédire les résultats de 2026 en se basant uniquement sur les valorisations. « Nous associons généralement les valorisations élevées à un risque plus important et à des rendements attendus plus faibles à long terme, toutes choses égales par ailleurs, mais cela ne garantit pas un retour à la moyenne, car de multiples facteurs influencent la performance des actions », explique-t-il.

Les risques à surveiller

Même si le marché boursier canadien semble prêt à connaître une année solide, des forces contraires pourraient déclencher une certaine volatilité. La principale préoccupation concerne un éventuel obstacle dans le cadre de la révision conjointe de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique, ainsi que toute décision tarifaire défavorable au Canada. « De tels développements exerceraient probablement une pression sur les entreprises canadiennes, en particulier celles des secteurs des matériaux et de l’industrie, compte tenu de leur exposition au commerce transfrontalier », explique M. Dewan de Vanguard.

En effet, Sadiq Adatia, directeur des investissements chez BMO, considère les prochaines négociations sur le renouvellement de l’accord commercial comme le principal obstacle. Il s’attend à « un accord moins avantageux que celui dont nous bénéficions actuellement, mais toujours plus compétitif que celui d’autres pays. Cela incite également les entreprises à restreindre leurs dépenses d’investissement, car elles restent dans l’incertitude quant à l’avenir ». Il reste également prudent quant à la santé sous-jacente des dépenses de consommation : « Les consommateurs [...] ne semblent actuellement pas suffisamment solides pour soutenir une croissance forte qui dépasserait celle des États-Unis. »

M. Minas de Mawer souligne que l’incertitude entourant les taux d’intérêt constitue un autre risque potentiel pour le marché. La Banque du Canada a suspendu ses baisses de taux et se situe déjà dans la partie inférieure de sa fourchette cible. Il existe un « risque croissant que la prochaine décision concernant le taux au jour le jour soit à la hausse, et non à la baisse », prévient-il. Il estime que 2026 favorisera les entreprises qui disposent « d’un bilan géré par un gestionnaire de manière prudente, d’un pouvoir de fixation des prix et d’un portefeuille bien diversifié capable de prospérer dans divers contextes de marché ».

Note de la rédaction : Le marché boursier canadien a connu une année exceptionnelle en 2025, surpassant largement ses homologues américains. Pourrait-il réitérer cette performance en 2026 ? Les analystes estiment qu'il dispose d'une marge de progression, mais il serait peut-être prématuré de s'attendre à une nouvelle année de surperformance par rapport aux États-Unis.

L'auteur ou les auteurs ne possèdent pas de parts dans les titres mentionnés dans cet article. En savoir plus sur les politiques éditoriales de Morningstar.