Points clés à retenir
- Selon M. Pappalardo, de Morningstar Wealth, la progression des petites capitalisations américaines, qui surperforment le marché, devrait se poursuivre, car leurs valorisations semblent bon marché par rapport à celles des grandes capitalisations.
- Les actions d’Amérique latine, notamment au Brésil, devraient se démarquer grâce aux exportations d’énergie.
- M. Pappalardo recommande d’éviter les titres de créance américains au profit des obligations souveraines des marchés développés.
Dans un contexte d’année marquée par la volatilité, les actions des petites capitalisations et celles d’Amérique latine sont en hausse depuis le début de la guerre en Iran, fin février. Dominic Pappalardo, stratège en chef multi-actifs chez Morningstar Wealth, et son équipe prévoient que ces actions poursuivront leur progression tout au long de l’année. Dans le même temps, son équipe reste sceptique quant aux actions américaines de grande capitalisation et aux obligations d’entreprises américaines, estimant qu’elles semblent surévaluées.
Selon M. Pappalardo, les gagnants et les perdants de la Bourse cette année seront marqués par les craintes d’une inflation galopante, les répercussions de la guerre et les inquiétudes quant à la possibilité d’une bulle liée à l’intelligence artificielle. Ces facteurs, l’incertitude géopolitique et les élections de mi-mandat « sont très susceptibles d’avoir des répercussions majeures sur l’évolution des marchés jusqu’à la fin de l’année », ajoute-t-il. Et plutôt que les obligations d’entreprises américaines, son équipe estime que les obligations d’État des marchés développés peuvent offrir le rendement recherché.
Les arguments en faveur des actions à faible capitalisation
Depuis le début de l’année, l’indice Morningstar US Small Cap Market affiche une hausse de 14,0 %, contre 10,7 % pour l’indice Morningstar US Market. Les petites capitalisations constituent la principale surpondération de Morningstar Wealth dans ses portefeuilles d’actions américaines. Le fonds Morningstar US Equity Fund MSTQX, géré par l’équipe de M. Pappalardo, détient 10,2 % de petites capitalisations, ce qui représente une forte surpondération par rapport aux 4,2 % attribués à la catégorie des grandes capitalisations mixtes.
Au 30 juin, les actions des petites capitalisations affichaient une performance supérieure d’environ 6 points de pourcentage à celle de leurs homologues des grandes capitalisations, selon les indices Morningstar. Elles devançaient également de 3,3 points de pourcentage l’ensemble du marché boursier américain.
« L’élan discrète des petites capitalisations devrait se poursuivre », affirme M. Pappalardo. Au cours des quinze dernières années, les actions américaines à petite capitalisation ont sous-performé leurs homologues à grande et moyenne capitalisation. Il explique que ce groupe est plus diversifié que celui des grandes capitalisations : « 40 % de l’indice S&P 500 est constitué des dix premières valeurs, dont neuf appartiennent au secteur technologique ou à un secteur lié à la technologie. »
Par ailleurs, les 10 plus grandes valeurs de petite capitalisation ne représentent qu’un pourcentage bien moindre des indices de petite capitalisation. De plus, d’un point de vue relatif, les actions de petite capitalisation semblent plus sous-évaluées qu’elles ne l’ont été depuis longtemps, l’équipe Morningstar Wealth estimant quant à elle que les valeurs de grande capitalisation sont surévaluées.
Abandon des obligations d’entreprises américaines au profit des obligations souveraines des marchés développés
Au début de l’année, Morningstar Wealth était surpondéré en actions de petite capitalisation et en actions non américaines, et « nous étions plutôt prudents en matière de crédit sur le segment des titres à revenu fixe », explique M. Pappalardo. Le recentrage sur les actions étrangères « s’expliquait par les valorisations du marché ».
Le groupe se montrait sceptique à l’égard des obligations d’entreprises, car les écarts de crédit restent à des niveaux historiquement bas. « Les caractéristiques fondamentales du crédit sont bonnes, et même assez solides, mais nous ne pensons tout simplement pas que l’on soit rémunéré à la hauteur du risque de crédit supplémentaire », explique-t-il. L’équipe a donc remplacé l’exposition au crédit dans les comptes des clients par des obligations souveraines des marchés développés, en utilisant le FNB indiciel Vanguard Total International Bond Index Fund BNDX.
« De toute évidence, l’inconvénient d’une sous-pondération des titres de crédit est que l’on renonce au rendement et aux revenus », explique M. Pappalardo. « Vous pouvez acheter un large panier d’obligations d’État mondiales issues des marchés développés et bénéficier d’un rendement supérieur à celui des bons du Trésor américain. Des pays comme le Japon, le Royaume-Uni et la France font partie de ce groupe. »
Les actions latino-américaines devraient progresser grâce aux cours élevés du pétrole
M. Pappalardo affirme qu’une thèse d’investissement optimiste concernant les actions latino-américaines s’est « véritablement dessinée » en mars, après le début de la guerre en Iran. Comme c’est généralement le cas dans un contexte d’aversion au risque, les marchés émergents ont dans un premier temps sous-performé les marchés développés. Mais l’Amérique latine compte parmi ses pays des exportateurs d’énergie tels que le Brésil (premier producteur de pétrole brut de la région et l’un des principaux exportateurs mondiaux), ainsi que le Mexique, la Colombie, le Venezuela, l’Équateur, l’Argentine, Trinité-et-Tobago, le Pérou et la Bolivie.
« Les valorisations devenaient de plus en plus attractives à mesure que les cours baissaient, mais ces mêmes pays bénéficiaient en réalité d’un vent favorable sur le plan économique, leur principale exportation, [le pétrole], voyant son prix augmenter. C’est véritablement ce qui a servi de catalyseur à l’augmentation de l’exposition aux marchés émergents. » Pour les comptes clients, ils ont ajouté le FNB iShares Latin America 40 ILF. Bien que l’écart de valorisation soit faible, M. Pappalardo continue d’apprécier le Brésil.
Mais parmi les autres marchés émergents, il se détourne de la Corée du Sud et de Taïwan, qui ont connu une forte hausse cette année. Il continue toutefois de miser sur la Chine. Pour ses clients, l’équipe utilise le FNB iShares MSCI China MCHI ainsi que le portefeuille plus large des marchés émergents représenté par les parts du FNB Vanguard FTSE Emerging Markets Index Fund VWO.

