Marchés canadiens au T1 : les actions dans le vert, les rendements obligataires en hausse alors que la guerre en Iran a secoué les marchés

Les hausses enregistrées dans les secteurs de l'énergie, des matériaux de base et des services publics ont permis aux actions canadiennes de rester en territoire positif.

Illustration sous forme de collage représentant le siège social de l'entreprise, avec en arrière-plan des graphiques boursiers et des données sur les performances du marché

Points à retenir

  • Selon les analystes, la Bourse a clôturé ce trimestre mouvementé en nette hausse, surmontant les tensions géopolitiques et la persistance de l’inflation liée à l’énergie.
  • Les secteurs de l’énergie et des matériaux de base ont mené la hausse, tandis que ceux des technologies et des services financiers ont pesé lourdement sur les résultats.
  • Malgré un recul, les actions canadiennes ont nettement surperformé leurs homologues américaines au cours du trimestre.

Le marché boursier canadien a traversé un trimestre marqué par la volatilité pour terminer en hausse, malgré les répercussions de la guerre en Iran. L’indice Morningstar Canada a progressé de 3,8 % au cours des trois premiers mois de 2026, surclassant largement les actions américaines, qui ont reculé de 4,0 %.

Les actions canadiennes ont bien démarré l’année, affichant une hausse de près de 10 % à la fin du mois de février. Mais lorsque la guerre avec l’Iran a éclaté le 28 février, le marché a chuté, passant brièvement dans le rouge à la mi-mars avant de terminer le trimestre dans le vert. Ce qui a permis au marché boursier canadien de faire preuve de résilience, c’est la composition sectorielle unique de son indice, notamment la forte pondération des titres des secteurs de l’énergie et des matériaux.

Cela dit, les actions financières ont souffert de la hausse des rendements obligataires et du ralentissement de l’élan du dollar canadien par rapport au dollar américain. Sans compter les inquiétudes croissantes des investisseurs quant à l’impact de l’intelligence artificielle sur les revenus et les modèles économiques, qui ont entraîné des pertes au premier trimestre pour les actions de logiciels (ainsi que pour un large éventail d’autres secteurs).

Désormais, la performance du marché boursier canadien dépendra de la durée de la guerre et de ses répercussions sur les cours du pétrole et la croissance économique, explique Philip Petursson, stratège en chef des investissements chez IG Gestion de patrimoine. « Si la guerre prend fin et que l’élan économique reprend là où il s’était arrêté avant le conflit, les secteurs sensibles à la conjoncture, tels que l’industrie, devraient en bénéficier », ajoute-t-il. « Si la guerre se prolonge, d’autres secteurs défensifs, au-delà de l’énergie et des services publics, notamment les communications et les biens de première nécessité, devraient bénéficier d’une fuite vers la sécurité et la qualité. »

Les pondérations sectorielles du Canada sont à l’origine de la surperformance du marché

La composition sectorielle du marché boursier canadien a contribué à sa résilience au cours d’un trimestre marqué par la volatilité, durant lequel bon nombre de ses homologues internationaux ont clôturé en baisse. La forte concentration de l’indice canadien dans les secteurs de l’énergie et des matériaux de base s’est avérée bénéfique, les gains importants enregistrés dans ces secteurs ayant compensé les pertes subies par le secteur de la technologie (le moins performant) et celui des services financiers (qui représentent environ un tiers de l’indice).

Les actions qui ont contribué à la hausse du marché canadien au premier trimestre

Parmi les titres individuels, c’est le producteur de pétrole et de gaz naturel Canadian Natural Resources CNQ qui a le plus contribué à la performance de l’indice canadien, ajoutant 1,02 point de pourcentage à son gain trimestriel global de 3,78 %. Ce titre représente 2,51 % de l’indice.

Vient ensuite la société énergétique intégrée Suncor SU. Avec une pondération de 1,98 % dans l’indice, elle a contribué à hauteur de 0,87 point de pourcentage à la hausse trimestrielle de l’indice. La société minière aurifère Agnico Eagle AEM et les acteurs du secteur de l’énergie Enbridge ENB et Cenovus CVE ont également contribué à la hausse du marché boursier canadien.

Les actions qui ont nui au marché au premier trimestre

Les titres qui ont le plus nui à l’indice Morningstar Canada provenaient d’un ensemble hétéroclite d’entreprises des secteurs de la technologie, des services financiers et de la consommation défensive.

Le chef de file des applications logicielles Shopify SHOP a chuté de 26,3 % au cours du trimestre. Troisième position en importance de l’indice canadien, sa forte pondération de 4,5 % a pesé sur les rendements globaux. Constellation Software CSU a été le deuxième facteur le plus défavorable, suivi de la société de gestion d’actifs Brookfield BN. La Banque Royale du Canada RY, qui représente la plus grande part de l’indice avec pas moins de 6,9 %, a contribué aux pertes, même si elle n’a reculé que de 3,2 %. La chaîne de magasins de discompte Dollarama DOL complète le classement des cinq titres les moins performants, avec une perte de 16,7 %.

Jack Manley, stratège en marchés mondiaux chez JP Morgan Asset Management, explique que la hausse des taux d’intérêt, provoquée par les craintes d’une inflation croissante, a entraîné une baisse des valeurs financières. « La hausse des taux d’intérêt a pesé sur le secteur financier, qui constitue désormais le deuxième facteur le plus défavorable de l’indice », note-t-il. « Les consommateurs canadiens étant très sensibles à la hausse des taux d’intérêt et les marges d’intérêt nettes ne devant pas s’élargir autant que prévu initialement, les banques, en particulier, risquent de connaître une légère augmentation des défauts de paiement et une baisse de leurs marges. »

Hausse des rendements obligataires

En ce début d’année, les rendements des obligations du gouvernement du Canada avaient progressivement baissé sur toutes les échéances, la Banque du Canada ayant maintenu ses taux d’intérêt inchangés. Mais le déclenchement de la guerre en Iran et le choc pétrolier qui s’en est suivi ont ravivé les craintes d’inflation. Cela a entraîné une flambée des rendements, les marchés commençant à anticiper plusieurs hausses de taux de la part de la banque centrale.

Depuis le début de la guerre, les taux des obligations à deux ans du gouvernement du Canada sont passés de 2,39 % à 2,82 %. De même, le taux des obligations à cinq ans a grimpé de 2,67 % à 3,05 %, tandis que celui des obligations à dix ans a bondi de 3,13 % à 3,46 % au 30 mars.

Le dollar canadien perd de son élan

Le dollar canadien a perdu de son élan face au dollar américain au cours du premier trimestre, marquant un nouveau revirement par rapport à 2025. Le dollar canadien a débuté l’année à 1,37 $ CA face au dollar américain, atteignant son plus haut niveau trimestriel de 1,35 $ CA vers la mi-février. Il a ensuite été pris dans la tourmente liée à la guerre en Iran, terminant le trimestre à 1,39 $ CA alors que le dollar américain rebondissait en tant que valeur refuge et que les perspectives d’une baisse des taux de la Réserve fédérale américaine s’estompaient.

Le dollar canadien pourrait continuer à faire face à des vents contraires alors que le conflit au Moyen-Orient s’éternise, que les banques centrales des deux côtés de la frontière américano-canadienne maintiennent leurs taux inchangés et que l’avenir de l’accord de libre-échange continental reste incertain.

L'auteur ou les auteurs ne possèdent pas de parts dans les titres mentionnés dans cet article. En savoir plus sur les politiques éditoriales de Morningstar.