Les investisseurs canadiens ont injecté 103,7 milliards $ CA d’apports nets dans des fonds négociés en bourse domiciliés au Canada en 2026, jusqu’au 30 juin, soit près du double des 57,8 milliards $ CA collectés au cours de la même période en 2025. La croissance à long terme s’est avérée encore plus forte ; les entrées de capitaux enregistrées cette année ont été plus de cinq fois supérieures au total du premier semestre 2020.
Une avance au premier semestre qui laisse présager une année record
Ces entrées de capitaux, conjuguées à la hausse des marchés, ont porté l’actif net des fonds négociés en bourse (FNB) canadiens à 895,6 milliards CAD au 30 juin. (L’actif net et les flux de capitaux ne tiennent pas compte des doubles comptages qui surviennent lorsqu’un FNB détient des parts d’un autre FNB.)
En passe d’atteindre la barre du billion USD
La croissance a été généralisée cette année, avec des entrées de capitaux nettes dans presque toutes les catégories d’actifs et tous les types de stratégies, bien qu’elles ne soient pas réparties de manière homogène. Les fonds d’actions devancent largement les fonds obligataires, les placements alternatifs et les stratégies de préservation du capital, tandis que les stratégies passives continuent de capter la plus grande part des nouveaux capitaux. Au sein de la gestion active, c’est dans les fonds de répartition d’actifs tout en un et les stratégies d’actions systématiques que la croissance s’accélère le plus rapidement. Voici un aperçu plus détaillé des placements effectués par les investisseurs au cours du premier semestre, d’après les données de Morningstar Direct.
Les actions en tête des flux de toutes les catégories d’actifs
Les FNB d’actions n’ont pas enregistré un seul mois de sorties de capitaux nettes depuis avril 2023. Cette année, ils ont enregistré des entrées nettes de 75,3 milliards CAD, ce qui représente 72,6 % de l’ensemble des nouveaux capitaux en 2026.
Les actions représentent les trois quarts des flux
Sur ce montant, environ un tiers a été alloué respectivement aux actions américaines et canadiennes, le tiers restant étant réparti entre les marchés internationaux, les marchés émergents et les fonds régionaux ou sectoriels.
Les entrées de capitaux vers les titres à revenu fixe arrivent loin derrière, avec 19,4 % des entrées de capitaux enregistrées depuis le début de l’année, les obligations nationales occupant une place prépondérante. Environ deux tiers des entrées de capitaux vers les titres à revenu fixe cette année ont été investis dans des titres à revenu fixe canadiens.
Les stratégies de préservation du capital sont restées pratiquement inaperçues, n’attirant que 0,7 % des flux cette année. Il s’agit là d’un revirement radical par rapport à 2022, année où les taux d’intérêt élevés et la volatilité des marchés boursiers avaient porté les entrées de capitaux vers les stratégies de préservation du capital à une moyenne de 28 % des entrées nettes de cette année-là.
Les stratégies alternatives (4,3 %) et les autres catégories d’actifs (3,0 %) ont également représenté des parts relativement faibles des flux enregistrés depuis le début de l’année.
Les fonds passifs autonomes attirent un peu plus de la moitié de l’ensemble des flux
Les FNB passifs représentent toujours une part importante du marché canadien des FNB et ont capté 56 % des flux de cette année. Les 44 % restants, qui ont été orientés vers des stratégies à gestion active, se sont répartis entre les stratégies à gestion active autonomes (24 %) et les fonds de répartition d’actifs « tout-en-un » (20 %).
Des prospects passifs, mais les à gestion active ne sont pas loin derrière
Les fonds de répartition d’actifs continuent de gagner du terrain
Environ un dollar sur cinq investi cette année dans des FNB canadiens a été affecté à un fonds de répartition d’actifs — un portefeuille diversifié, accessible via un seul titre, qui se rééquilibre automatiquement pour atteindre une composition d’actifs cible. La plupart des prestataires proposent une gamme de ces portefeuilles couvrant différents ratios entre actions et titres à revenu fixe, généralement par paliers de 20 %, et le secteur s’est mis d’accord sur une terminologie commune pour les cinq niveaux :
- 100 % d’actions (100 % de capital)
- Croissance (80 % d’actions, 20 % de titres à revenu fixe)
- Équilibré (60 % d’actions, 40 % de titres à revenu fixe)
- Conservateur (40 % d’actions, 60 % de titres à revenu fixe)
- Rendement (20 % d’actions, 80 % de titres à revenu fixe)
Les flux se sont fortement orientés vers les portefeuilles présentant une plus forte exposition aux actions. Sur les 20,7 milliards CAD investis cette année dans des FNB de répartition d’actifs, bien plus de la moitié (57,4 %) a été affectée à des portefeuilles 100 % actions, suivis par les portefeuilles équilibrés (22,0 %) et de croissance (15,7 %). Les portefeuilles conservateurs et de revenu ont, à eux deux, attiré moins de 5 %.
Le portefeuille « One-Ticket » adopte une stratégie plus offensive
La stratégie de gestion systématique prend de l’ampleur
Parmi les stratégies à gestion active autonomes, ce sont les stratégies d’actions systématiques qui ont connu la croissance la plus rapide cette année. Ces stratégies construisent des portefeuilles à l’aide d’une méthodologie fondée sur des règles plutôt que sur une sélection discrétionnaire de titres, et leur adoption s’accélère tant du côté des investisseurs que des émetteurs. Les émetteurs ont lancé un nombre record de 17 FNB d’actions systématiques au cours du premier semestre 2026, et la part de cette catégorie dans le total des entrées de capitaux en FNB a grimpé à 10,2 % au dernier trimestre, contre seulement 1,3 % il y a trois ans.
La part des flux attribués aux actions systématiques a été multipliée par huit en trois ans
L’approche fondée sur des règles nécessite souvent moins de personnel d’analyse et entraîne des coûts de recherche inférieurs à ceux de la gestion discrétionnaire ; les émetteurs ont largement répercuté ces économies sur les investisseurs sous la forme de frais réduits. Une étude récente de Morningstar a révélé que les FNB d’actions systématiques au Canada coûtaient en moyenne 48 % moins cher que les FNB à gestion active appartenant à la même catégorie Morningstar.
Le secteur s’apprête à franchir le cap du billion USD
L’actif net s’élevait à 895,6 milliards de CAD à la fin du mois de juin. Si les actifs des FNB ont certes bénéficié de la hausse des marchés, les entrées de capitaux continues ont joué un rôle significatif dans la croissance de cet actif. Les flux nets du premier semestre ont à eux seuls atteint 103,7 milliards CAD ; ainsi, si le second semestre suit simplement ce rythme, les entrées de capitaux porteraient l’actif net à environ 999 milliards CAD, sans même tenir compte d’une éventuelle appréciation des marchés. Les marchés boursiers ayant progressé pendant la majeure partie de l’année, même des gains supplémentaires modestes devraient suffire à combler l’écart restant et à faire franchir à l’actif net la barre du billion CAD avant la fin de l’année.

