Points à retenir
- Selon Statistique Canada, l’inflation annuelle au Canada s’est accélérée pour atteindre 3,2 % en mai, contre 2,8 % en avril.
- L’inflation a été principalement alimentée par la hausse continue des prix de l’essence.
- Selon les analystes, le récent recul des cours du pétrole laisse présager un maintien plus long des taux d’intérêt par la Banque du Canada.
En mai, l’inflation au Canada a atteint son plus haut niveau depuis plus de deux ans, sous l’effet de la hausse des prix de l’essence suite aux perturbations des flux pétroliers mondiaux causées par la guerre en Iran. Toutefois, les indicateurs d’inflation sous-jacente, qui excluent les catégories de prix les plus volatiles, sont restés relativement stables, compensant ainsi l’inflation globale. Selon les analystes, le récent recul des cours du pétrole, lié aux espoirs d’un accord de paix définitif avec l’Iran, offre à la Banque du Canada une marge de manœuvre supplémentaire pour maintenir ses taux d’intérêt inchangés jusqu’à la fin de l’année.
L’indice des prix à la consommation du Canada a bondi à 3,2 % en mai, après avoir atteint 2,8 % en avril, selon le dernier rapport de Statistique Canada. Sur une base mensuelle, l’indice d’inflation s’est accéléré, passant de 0,4 % en avril à 1,0 %.
La hausse persistante des prix de l’essence a été le principal facteur à l’origine de cette flambée. D’un mois à l’autre, la hausse des prix de l’essence s’est accélérée, passant de 28,6 % en avril à 33,2 % en mai, en raison du choc pétrolier lié à la guerre en Iran. Les prix des transports ont joué un rôle important dans la hausse de l’inflation en glissement annuel, passant de 7,6 % en avril à 9,0 %.
Les mesures de l’inflation sous-jacente privilégiées par la Banque du Canada, qui excluent les catégories les plus volatiles telles que l’essence, les produits alimentaires et les loyers, sont restées inchangées par rapport au mois précédent. L’IPC-tronquée de mai est resté stable à 2,0 %, tandis que l’IPC-médiane s’est maintenu à 2,1 %. L’IPC fondamental en glissement mensuel, qui exclut uniquement les produits alimentaires et l’énergie, a légèrement augmenté, passant de 1,5 % en avril à 1,6 %.
La Banque du Canada doit annoncer sa prochaine décision en matière de taux d’intérêt le 15 juillet. Les économistes s’attendent généralement à ce que la Banque maintienne son taux actuel, alors que les informations concernant l’accord de paix sur la guerre en Iran sont en constante évolution. La Banque maintient ce taux à 2,25 % depuis décembre 2025.
À la suite de cette annonce, le dollar canadien est resté stable à 1,41 $ CA, soit 0,70 centime de dollar américain. L’indice composite S&P/TSX a progressé de 0,40 % pour atteindre 34 997,85 points, tandis que l’indice Morningstar Canada a gagné 0,38 % pour s’établir à 6 233,13 points. Les taux des obligations d’État à deux ans ont augmenté de 0,02 point de pourcentage pour s’établir à 2,80 %.
Statistiques clés du rapport sur l’IPC du mois de mai
- L’IPC mensuel s’est établi à 1,0 %, contre 0,4 % en avril.
- En rythme annualisé, l’IPC s’est établi à 3,2 %, contre 2,8 % le mois précédent.
- L’IPC-tronquée est restée stable à 2,0 %, tandis que l’IPC-médiane s’est maintenu à 2,1 %.
Vous trouverez ci-dessous des extraits des commentaires des analystes concernant le rapport sur l’IPC du mois de mai.
Le ralentissement des indicateurs fondamentaux et la baisse des cours du pétrole devraient atténuer l’inflation
« Après une série de résultats sous-jacents inférieurs aux prévisions au cours des mois précédents, le chiffre global élevé enregistré en mai est quelque peu décevant. Toutefois, la réalité est que l’inflation sous-jacente reste globalement conforme aux objectifs, et la forte baisse récente des cours du pétrole — si elle se confirme — apportera un soulagement non négligeable aux chiffres globaux dans les mois à venir. Néanmoins, la persistance de l’inflation alimentaire reste un véritable casse-tête, et nous devons donner à ce résultat une cote de légère déception dans l’ensemble : il n’est jamais bon de voir le taux d’inflation global se maintenir au-dessus de 3,0 %, même si ce n’est que pour un mois. »
—Douglas Porter, économiste en chef chez BMO Economics
L’inflation aurait atteint son pic alors que les cours du pétrole reculent
« L’inflation canadienne s’est à nouveau accélérée en mai, mais les prix du pétrole et de l’essence étant désormais bien en deçà de leurs sommets antérieurs, les chiffres publiés aujourd’hui devraient marquer un pic. Une fois de plus, l’essence a été la principale source de pression inflationniste ; sans ce poste, le taux d’inflation de l’IPC en glissement annuel aurait été bien plus modeste, à 2,2 %. »
« Les mesures de l’inflation sous-jacente pourraient encore s’accélérer légèrement au cours des prochains mois, car les tarifs aériens, pendant la haute saison estivale, répercuteront davantage les hausses de prix liées au carburant, et parce que la Coupe du monde de la FIFA entraînera une hausse temporaire des prix dans des secteurs tels que l’hôtellerie et les événements sportifs grand public. Toutefois, le faible niveau de départ des mesures sous-jacentes de l’inflation en glissement annuel devrait permettre à la Banque du Canada de ne pas tenir compte d’une éventuelle accélération à court terme, et nous continuons de tabler sur le maintien des taux d’intérêt inchangés jusqu’à la fin de l’année 2026. »
—Andrew Grantham, économiste principal chez CIBC Economics
Le Canada a évité une répercussion plus importante de l’inflation de l’énergie
« La hausse de l’inflation globale en mai, plus forte que prévu, s’explique principalement par l’augmentation des prix des denrées alimentaires et des carburants, deux facteurs qui devraient s’avérer en grande partie temporaires. Les pressions sur les prix sous-jacents restant par ailleurs modérées, la Banque du Canada se montrera satisfaite de ce rapport. »
« La bonne nouvelle pour la Banque est que ces poches de vigueur ne reflétaient pas la situation inflationniste globale. Les prix du logement ont baissé de 0,1 % sur le mois, tandis que ceux de certains biens, tels que les vêtements, sont restés pratiquement inchangés, probablement en raison d’une baisse des dépenses discrétionnaires. Le pire de la flambée des prix du pétrole semblant désormais derrière nous, la Banque espère que des effets de second tour importants ont pu être évités. »
—Bradley Saunders, économiste spécialisé dans l’Amérique du Nord chez Capital Economics
Les chiffres de l’inflation ne devraient pas inquiéter la Banque du Canada
« Les responsables de la banque centrale canadienne ne devraient pas s’inquiéter outre mesure de l’accélération de l’inflation globale. Les indicateurs de l’inflation sous-jacente restent très stables, autour de l’objectif de 2,0 % fixé par la Banque du Canada. De plus, avec la baisse des cours mondiaux du pétrole ces dernières semaines, la flambée des prix de l’essence et du kérosène a commencé à s’inverser. Les marchés n’ont guère réagi à la publication de l’IPC global. »
—Royce Mendes, directeur général et responsable de la stratégie macroéconomique chez Desjardins Marché des capitaux
La baisse de la demande compense la hausse de l’inflation
« Les cours du pétrole ont considérablement baissé depuis la conclusion d’un accord de paix provisoire entre l’Iran et les États-Unis, et les prix de l’essence ont suivi la même tendance. Nous prévoyons que le mois de mai marquera le pic de l’inflation globale cette année. Comme prévu, nous observons une inflation sous-jacente légèrement plus élevée ces derniers mois, mais nous ne pensons pas qu’elle atteindra un niveau susceptible d’alerter la Banque du Canada. »
« Hormis les coûts d’énergie et certaines pressions sur les prix liées aux technologies émergentes, l’inflation reste très modérée au Canada, car un contexte de demande relativement faible dissuade les vendeurs d’augmenter leurs prix. Nous pensons que cela incitera la Banque du Canada à rester en retrait pendant encore un certain temps. Les rendements du marché obligataire n’ont pour l’instant guère réagi aux chiffres publiés aujourd’hui. »
—Leslie Preston, gestionnaire et économiste en chef à la Banque TD

