La baisse des prix de l’essence atténue l’inflation, incitant la Banque du Canada à maintenir ses taux inchangés

Les analystes s’accordent généralement à penser que l’inflation canadienne a atteint son pic et que le pire de la flambée des prix est désormais derrière nous.

Illustration sous forme de collage représentant un diagramme circulaire, avec des images de la Bank of Canada, d’un caddie et de billets de banque.

Points à retenir

  • Selon Statistique Canada, l’inflation annuelle au Canada a ralenti pour s’établir à 2,8 % en juin, contre 3,2 % en mai.
  • Cette baisse s’explique principalement par la modération des prix de l’essence.
  • Selon les analystes, le recul soutenu des indicateurs d’inflation sous-jacente laisse entrevoir un maintien plus prolongé des taux de la Banque du Canada.

L’inflation au Canada a ralenti en juin, grâce à la baisse des prix de l’essence. Les indicateurs d’inflation sous-jacente, qui excluent les catégories de prix les plus volatiles, ont également fléchi, ce qui a permis de contenir l’inflation globale. Bien que les cours du pétrole aient de nouveau augmenté en juillet, toute nouvelle pression inflationniste sera modérée à mesure que les effets de la Coupe du monde de la Fédération internationale de football association (FIFA) sur les prix s’estomperont, ce qui permettra à la Banque du Canada de maintenir ses taux inchangés jusqu’à la fin de l’année, selon les analystes.

L’indice des prix à la consommation du Canada a reculé à 2,8 % en juin, contre 3,2 % en mai, revenant ainsi à son niveau d’avril, selon le dernier rapport de Statistique Canada. Sur une base mensuelle, les prix ont baissé de 0,4 % en juin, ce qui représente leur plus forte baisse mensuelle depuis décembre 2024.

Les prix de l’essence ont augmenté à un rythme plus modéré de 20,5 % sur le mois, dans l’espoir d’un accord de paix concernant la guerre en Iran, après avoir progressé de 33,2 % en mai. Les biens et services liés à la Coupe du monde de football 2026 de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) ont également fortement contribué à l’inflation du mois de juin, en particulier l’hébergement des voyageurs, dont les prix ont bondi de 10,1 % en juin, contre 2,5 % en mai, en glissement annuel.

Les mesures de l’inflation sous-jacente privilégiées par la Banque du Canada, qui excluent les catégories volatiles telles que l’essence, les produits alimentaires et les loyers, ont également reculé ce mois-ci. L’Indice des prix à la consommation (IPC)-tronquée de juin s’est établi à 1,8 %, contre 2,0 % le mois précédent, tandis que l’IPC-médiane a légèrement baissé, passant de 2,1 % à 1,9 %. L’IPC fondamental en glissement mensuel, qui exclut uniquement les produits alimentaires et l’énergie, a enregistré une légère hausse, passant de 1,6 % en mai à 1,8 %.

La Banque du Canada devrait annoncer sa prochaine décision en matière de taux d’intérêt le 2 septembre. Les économistes s’attendent à ce que la Banque maintienne le taux inchangé à 2,25 %, niveau auquel il se situe depuis décembre 2025.

À la suite de la publication de ce rapport, le dollar canadien a reculé de 0,16 % pour s’établir à 1,40 CAD, soit 0,71 USD. L’indice composite Standard & Poor’s/Toronto Stock Exchange (S&P/TSX) a légèrement progressé de 0,26 % pour atteindre 35 335,89 points, tandis que l’indice Morningstar Canada a légèrement augmenté de 0,24 % pour s’établir à 6 305,79 points. Les rendements des obligations d’État à deux ans ont baissé de 0,02 pt, à 2,84 %.

Statistiques clés du rapport sur l’Indice des prix à la consommation (IPC) de juin

  • L’Indice des prix à la consommation (IPC) a reculé de 0,4 % par rapport au mois précédent, après avoir progressé de 1,0 % en mai.
  • En rythme annualisé, l’Indice des prix à la consommation (IPC) a reculé à 2,8 %, contre 3,2 % le mois précédent.
  • L’IPC-tronquée a reculé à 1,8 %, contre 2,0 % en mai, tandis que l’IPC-médiane a ralenti à 1,9 %, contre 2,1 %.

Voici un aperçu plus détaillé des commentaires des analystes concernant le rapport sur l’Indice des prix à la consommation (IPC) du mois de juin.

L’assouplissement des indicateurs clés justifie le maintien des taux par la Banque du Canada

« Bien que l’inflation globale reste supérieure à l’objectif, les pressions sous-jacentes sont modérées et s’atténuent. Il subsiste un certain risque à la hausse lié aux prix du pétrole et de l’énergie (les prix de l’essence ont légèrement augmenté depuis le début du mois de juillet), mais il est clair que l’écart de production pèse lourdement sur l’inflation sous-jacente. Cela permettra à la Banque du Canada de rester en retrait, position dans laquelle nous nous attendons à ce qu’elle se maintienne au moins jusqu’à la fin de l’année. »

—Benjamin Reitzes, directeur général, responsable des taux canadiens et stratège macroéconomique chez BMO Economics

Le recul de l’effet FIFA compensera la hausse de l’inflation liée au pétrole enregistrée en juillet

« L’inflation globale pourrait bien s’accélérer à nouveau le mois prochain, compensant ainsi, au moins en partie, le ralentissement observé en juin, compte tenu de la nouvelle hausse des prix du pétrole et de l’essence. Nous prévoyons toutefois que les pressions inflationnistes sous-jacentes resteront modérées, et qu’elles pourraient même s’atténuer encore légèrement à la fin de l’été ou au début de l’automne, à mesure que s’estomperont les hausses temporaires observées dans certains secteurs en lien avec la Coupe du monde de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA). L’absence d’accélération des pressions inflationnistes sous-jacentes permettra à la Banque du Canada de maintenir ses taux inchangés, ce qui permettra de les maintenir à un niveau suffisamment bas pour soutenir la reprise en cours au sein de l’économie canadienne. »

—Andrew Grantham, économiste principal chez CIBC Economics

L’inflation sous-jacente étant maîtrisée, une hausse des taux reste peu probable

« La Banque du Canada se réjouira de constater que les pressions sur les prix sous-jacents sont restées modérées le mois dernier, malgré une certaine accélération liée à la Coupe du monde de la Fédération internationale de football association (FIFA). Le Conseil de direction ayant réaffirmé, lors de sa réunion sur les taux d’intérêt de la semaine dernière, sa volonté de ne pas tenir compte de la hausse des prix de l’énergie, nous restons convaincus que les hausses de taux sont encore loin d’être d’actualité. »

—Bradley Saunders, économiste spécialisé dans l’Amérique du Nord chez Capital Economics

La faiblesse des pressions sur les prix devrait inciter la Banque du Canada à rester en retrait

« Après quatre mois de perturbations dans l’approvisionnement en pétrole, les pressions inflationnistes au Canada semblent toujours relativement modérées. Ainsi, malgré la récente flambée des cours mondiaux du pétrole, la Banque du Canada peut se rassurer : la répercussion sur les autres biens et services reste très limitée. En conséquence, nous continuons de penser que les responsables de la banque centrale canadienne maintiendront les taux inchangés jusqu’à la fin de l’année. »

—Royce Mendes, directeur général et responsable de la stratégie macroéconomique chez Desjardins Marché des capitaux

Le rapport de juin ne fournit que peu d’éléments indiquant une répercussion de l’inflation

« On s’attendait largement à un recul de l’inflation globale en juin, les cours du pétrole ayant baissé après avoir fortement augmenté en début d’année, mais les indicateurs plus larges de la hausse des prix, hors énergie, ont également surpris à la baisse. »

« Les indicateurs de l’étendue de l’inflation sont également restés modérés, les éléments indiquant que les hausses antérieures des coûts des intrants se soient répercutées de manière significative sur l’ensemble du panier de l’Indice des prix à la consommation (IPC) étant limités. Dans l’ensemble, le rapport de juin corrobore la dernière évaluation de la Banque du Canada selon laquelle l’inflation sous-jacente reste proche de la cible. Bien que l’évolution de l’inflation globale reste très sensible à des développements mondiaux imprévisibles, la modération des pressions sur les prix à plus grande échelle et le raffermissement de la croissance économique confortent notre opinion selon laquelle la Banque maintiendra le taux directeur inchangé jusqu’à la fin de l’année 2026. »

—Abbey Xu, économiste à la Banque Royale du Canada

Le pire de l’inflation est désormais derrière vous

« Nous prévoyons que l’indice des prix à la consommation (IPC) global ne dépassera pas 3 % au cours des prochains mois, les indices sous-jacents se situant exactement au niveau de l’objectif ou en dessous. Dans ce scénario, nous estimons que la Banque du Canada maintiendra son taux d’intérêt à 2,25 % jusqu’à la fin de l’année 2026, en adoptant une orientation relativement accommodante afin de favoriser la reprise économique — d’autant plus que l’inflation sous-jacente est désormais tombée en dessous de 2 %. »

« L’inflation du mois de juillet devrait avoisiner les 3 %. Si les prix de l’énergie et de l’essence ont augmenté depuis juin, ceux des services liés aux voyages pourraient ralentir à mesure que les hausses liées à la Coupe du monde s’estompent. Bien sûr, des incertitudes persistent concernant les prix de l’énergie en raison de la situation géopolitique au Moyen-Orient, mais dans le contexte général, on peut considérer que la flambée de l’inflation a atteint son pic et est probablement derrière nous. »

—Tu Nguyen, économiste chez RSM

Le fléchissement des prix laisse présager un maintien des taux plus long

« Le taux d’inflation enregistré en juin s’est révélé légèrement inférieur aux prévisions. Toutefois, la hausse des cours du pétrole observée ces dernières semaines laisse présager que l’effet à la baisse lié à la baisse des prix de l’essence devrait s’estomper dans l’Indice des prix à la consommation (IPC) de juillet. Les cours du pétrole se maintenant en dessous de leurs récents sommets, nous continuons de penser que l’inflation a atteint son pic au Canada cette année. »

« L’inflation reste très modérée au Canada, car un contexte de demande relativement faible dissuade les vendeurs de relever leurs prix. Sans surprise, le rendement des obligations d’État canadiennes à deux ans a légèrement baissé à la suite de la publication de ces chiffres. Le rapport sur l’inflation du mois de juin renforce notre opinion selon laquelle la Banque du Canada pourra rester en retrait pendant encore un certain temps. »

—Leslie Preston, directrice de gestion et économiste en chef à la Banque TD

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