Ayant surperformé l’ensemble du marché au cours de quatre des cinq dernières années, Arup Datta, gestionnaire du fond Mackenzie GQE Global Equity Fund, a généré un rendement annualisé de 14,8 % sur la période de cinq ans s’achevant le 23 juillet. Ce résultat est nettement supérieur à la hausse de 11,98 % enregistrée par l’indice de référence du fonds, l’indice Morgan Stanley Capital International (MSCI) World, ainsi qu’à celle de 12,6 % de l’indice Morningstar Global Markets.
Lors du krach boursier de 2022, ce fonds de 5,7 milliards $ CA a été durement touché, enregistrant une perte de 13 % sur l’année. Mais dans l’ensemble, sous la direction de M. Datta depuis novembre 2020, le fonds a généré des rendements solides, surpassant de manière élevée son indice de référence au cours de quatre des cinq dernières années.
Au cours des 12 derniers mois, le fonds a enregistré une performance de 37,5 %, surpassant à la fois l’indice Morningstar Global Markets GR Canadian Dollar Index(CAD) ( 31 % ) et ses concurrents de la même catégorie (21,9 %). Le fonds s’est classé dans le premier quartile de sa catégorie au cours de quatre des cinq dernières années, et figurait parmi les 7 % des meilleurs fonds de sa catégorie au cours de trois de ces cinq dernières années.
Lors d’un entretien avec Morningstar, M. Datta a évoqué sa stratégie d’investissement et son analyse de cinq titres : deux qui ont enregistré de bons résultats au cours de l’année écoulée, un qui n’a pas été à la hauteur des attentes, et deux autres qu’il apprécie particulièrement en ce moment.
La stratégie de sélection des titres de d’Arup Datta
Bien que la plupart des 10 principales positions de ce fonds composé de 156 titres soient des sociétés à très forte capitalisation telles que Nvidia NVDA et Apple AAPL, M. Datta précise que la stratégie quantitative qui sous-tend le fonds recherche principalement des actions présentant des ratios cours/bénéfices et cours/flux de trésorerie inférieurs à ceux de l’indice de référence. « Nous recherchons des caractéristiques de croissance positives, telles que des révisions à la hausse des estimations des analystes », explique-t-il. « Nous nous concentrons également sur des indicateurs de qualité tels que les marges de flux de trésoreries disponibles, le rendement des capitaux propres en flux de trésorerie et les rachats d’actions. »
Qualifiant son approche de « philosophie fondamentale valable en toutes circonstances », M. Datta affirme que sa stratégie reste inchangée « que le marché soit axé sur la valeur, la croissance ou la qualité ». Il soutient que les caractéristiques du portefeuille le rendent moins coûteux et permettent une croissance plus forte ainsi qu’une meilleure qualité qu’un fonds indiciel.
Les modèles quantitatifs de Mackenzie permettent de prévoir les estimations de chiffre d’affaires et de bénéfices pour chaque titre suivi par la société, selon M. Datta : « Nous comparons ces prévisions aux estimations de Wall Street, à l’instar d’un gestionnaire fondamentaliste. Il ne s’agit pas seulement d’être précis sur chaque chiffre, mais surtout de cerner la tendance. Si notre modèle identifie un titre susceptible de dépasser les attentes, cela devient pour nous une raison convaincante de le détenir. »
La composition stratégique du fonds comprend généralement entre 150 et 200 actions et reste « neutre en termes de secteurs et de pays par rapport à l’indice Morgan Stanley Capital International (MSCI) World », précise M. Datta. À l’image de son indice de référence, les principales allocations régionales du fonds Mackenzie GQE Global Equity concernent les États-Unis, le Canada, le Japon et le Royaume-Uni. Les technologies de l’information et les services financiers constituent les deux principaux secteurs, représentant une pondération de plus de 43 % dans le portefeuille.
M. Datta précise que le volume à acheter ou à vendre ne peut dépasser 0,4 % du portefeuille chaque jour, et que les décisions sont mises en œuvre directement en fonction des résultats du modèle quantitatif. « Cela nous impose une discipline extrême », affirme-t-il. « C’est l’une des principales raisons pour lesquelles nous remportons des mandats face aux plus grands gestionnaires du monde. La plupart d’entre eux ne sont pas disposés à faire tourner leurs modèles quotidiennement et à agir en conséquence. »
Ce fonds est fortement exposé aux principaux chefs de file américains des secteurs de la technologie et des semi-conducteurs, tout en restant diversifié à l’échelle mondiale. Ses dix principales positions — toutes des actions de premier ordre — représentent environ un tiers de ses actifs.
Deux lauréats pour le fonds Mackenzie GQE Global Equity
Nvidia
« Nvidia est le grand sujet du moment en matière d’intelligence artificielle (IA) », déclare M. Datta. « Certains de mes confrères ont été pris au dépourvu par Nvidia alors que sa pondération dans l’indice augmentait, mais cela ne nous est pas arrivé car nous recourons à un contrôle systématique des risques. »
M. Datta indique avoir acheté des actions Nvidia pour la première fois début 2023, puis avoir considérablement renforcé sa position mi-2023, après que Mackenzie eut présenté son modèle de prévision des caractéristiques fondamentales basé sur l’apprentissage automatique. Ce modèle a conduit à un investissement encore plus important dans Nvidia en 2024.
Avec une capitalisation boursière de 5 000 milliards USD, Nvidia reste la société la plus valorisée au monde et la principale position du fonds de M. Datta, avec une pondération de près de 6 %. Ce que M. Datta trouve particulièrement intéressant, ce sont les « dépenses considérables en recherche et développement (R&D) » du fabricant de puces, « ce qui constitue un atout majeur ».
M. Datta poursuit : « Lorsque nous l’avons achetée, il s’agissait d’un placement axé sur la croissance et la qualité, mais aujourd’hui, elle bénéficie en réalité d’un soutien lié à sa valeur intrinsèque. Elle semble bon marché si l’on considère son ratio cours/flux de trésorerie par rapport à la croissance de ses bénéfices. Ses bénéfices et son chiffre d’affaires ont progressé bien davantage que le cours de l’action au cours des deux ou trois dernières années. »
Nvidia affiche une hausse de plus de 13 % depuis le début de l’année et se négocie actuellement avec une décote de 26 % par rapport à l’Estimation de juste valeur Morningstar, qui s’élève à 280 USD par action.
Lam Research
Lam Research LRCX, l’un des principaux fournisseurs d’équipements de fabrication de plaquettes pour semi-conducteurs, est « l’un des principaux bénéficiaires du cycle de l’intelligence artificielle (IA) », affirme M. Datta. Cette action, dont la capitalisation boursière s’élève à 400 milliards USD, a profité de la récente rotation du marché, les entreprises du secteur des semi-conducteurs ayant pris le relais des valeurs logicielles en tant que moteurs de la croissance.
« Historiquement, le secteur des logiciels était considéré comme un secteur à croissance à long terme, mais les dépenses colossales consenties par les entreprises à grande échelle dans le domaine de l’IA ont, pour l’instant, fait des semi-conducteurs un secteur à croissance à long terme », explique M. Datta.
Le fonds détient l’action Lam depuis plus de deux ans, car elle répond à la fois aux critères de croissance et de qualité. M. Datta estime que le titre est en passe de poursuivre sa croissance : « Bien qu’il soit légèrement surévalué si l’on se base sur le ratio cours/flux de trésorerie, notre modèle d’apprentissage automatique est très optimiste et laisse entendre que le titre continuera à dépasser les attentes. »
M. Datta explique qu’il s’est appuyé sur deux indicateurs clés pour évaluer la rentabilité de Lam : « le rendement des flux de trésorerie par rapport aux capitaux propres et le Rendement du capital investi. Ce sont là deux indicateurs de rentabilité pour lesquels Lam affiche de bons résultats. »
Ce titre figure parmi les 10 principales positions du fonds et représente 1,53 % du portefeuille. Il a bondi de plus de 86 % depuis le début de l’année et se négocie désormais avec une prime de 46 % par rapport à l’Estimation de juste valeur Morningstar, qui s’élève à 220 USD par action.
Deux autres actions que privilégie M. Datta
Zions Bancorp
Basée dans l’Utah, la banque Zions ZION s’adresse principalement aux petites et moyennes entreprises de la région ouest des États-Unis. « Il s’agit d’une banque régionale d’une valeur de 10 milliards USD que nous avons achetée en juillet dernier », précise M. Datta.
Même si le titre n’a pas beaucoup progressé depuis qu’il l’a acheté il y a un an, M. Datta apprécie son profil de valorisation : « Le titre semble bon marché au regard de sa valeur comptable tangible, il semble bon marché au regard de son rendement en dividendes, et si l’on tient compte de certains facteurs propres au secteur bancaire, il est bon marché en termes de valorisation par rapport au revenu net d’intérêt. »
M. Datta s’appuie sur des actions de valeur du secteur financier pour contrebalancer les actions de croissance du secteur de la technologie. « [Zions] n’a pas connu une croissance aussi rapide que nos actions de croissance, mais il s’agit d’une stratégie différente », explique-t-il. « Notre philosophie consiste à privilégier la valeur dans le secteur financier tout en mettant l’accent sur la croissance et la qualité dans le secteur de la technologie. » M. Datta qualifie son pari sur ce titre de « valeur prometteuse », car ses perspectives « ne se sont pas encore pleinement concrétisées ».
Le titre Zions affiche une hausse de près de 20 % depuis le début de l’année et se négocie actuellement dans une fourchette que les analystes de Morningstar jugent à la juste valeur, selon l’estimation de juste valeur de 66 USD par action.
Hershey
Acquis il y a à peine quelques mois, Hershey HSY, l’un des principaux fabricants américains de confiseries, figure parmi les positions les plus récentes de M. Datta. « Il s’agit d’un bien de consommation courante qui présente une valeur neutre, mais une qualité solide », explique-t-il. « Nous disposons d’un modèle Environnemental, Social et de Gouvernance (ESG) interne qui nous permet d’évaluer la gouvernance et tous les autres aspects ESG, et Hershey obtient de bons résultats dans ce domaine. »
Il fait également remarquer que Hershey est très rentable, en citant les résultats du premier trimestre de l’entreprise, qui ont dépassé les prévisions en matière de ventes, de chiffre d’affaires et de bénéfices. L’entreprise a réussi à tenir bon face à l’offensive de concurrents tels que Walmart et Target. « Il est encore trop tôt, mais nous pensons que cela va bien se passer pour nous », déclare-t-il.
Le titre Hershey affiche une baisse de 5,3 % depuis le début de l’année et se négocie avec une décote de 25 % par rapport à l’estimation de juste valeur de Morningstar, qui s’élève à 228 USD par action.
Une action dont Datta n’est pas certain
Tesla
M. Datta maintient une sous-pondération dans l’actionTesla TSLA, qui, selon lui, n’a pas été à la hauteur des attentes. Il détient toutefois une petite position sur Tesla au sein du fonds Mackenzie GQE US Alpha Extension Fund. « Tesla est un cas où « l’aura d’Elon Musk » et l’engouement des investisseurs particuliers font grimper le cours, mais nous ne voyons pas les indicateurs de croissance et de qualité sous-jacents que nous exigeons », explique-t-il.
Son scepticisme s’explique par la baisse des ventes d’automobiles et par divers projets ambitieux qui n’ont pas encore décollé. « Les ventes de véhicules électriques évoluent dans la mauvaise direction pour eux, et leurs ambitions en matière de conduite autonome et de robotique sont difficiles à quantifier », explique M. Datta.
Il existe également un décalage entre le cours du titre et ses bénéfices. « Contrairement à Nvidia, dont la valorisation s’appuie sur une rentabilité exceptionnelle, Tesla est pour nous un titre « conceptuel » ou « à la mode », explique-t-il. Bien qu’« Elon Musk soit très intelligent » et que l’entreprise dispose d’« un bon marketing et d’une bonne capacité d’innovation », il estime que cela ne se reflète pas dans la qualité du titre. « Pour nous, Tesla est chère », déclare-t-il, ajoutant que « nous n’avons aucun problème avec un titre cher s’il présente une croissance et de la qualité, mais nous ne voyons pas cela chez Tesla. »
Maintenant que Space Exploration Technologies Corporation (SpaceX), l’autre entreprise de Musk, est cotée en bourse, M. Datta voit encore moins de raisons d’être optimiste concernant Tesla. « Je pense que [Musk] se concentrera davantage sur SpaceX, et que l’accent mis sur la vente au détail s’y déplacera peut-être, ce qui rendra Tesla moins difficile à gérer pour nous. »
Le cours de l’action Tesla a chuté de plus de 27 % depuis le début de l’année. Plus récemment, le titre a plongé de près de 13 % à la suite de la publication de résultats mitigés pour le deuxième trimestre, tombant bien en deçà de l’Estimation de juste valeur Morningstar, à 450 USD par action.

