2 actions de consommation cyclique fortement malmenées qui se négocient à un fort rabais

Lennar et RH ne sont peut-être pas des actions à acheter et à conserver indéfiniment, mais nous pensons qu’elles valent la peine d’être « louées » aujourd’hui.

Illustration sous forme de collage pour le secteur de la consommation cyclique, représentant un pneu de voiture.

Dans l’épisode du 24 août 2026 du balado The Morning Filter, les animatrices Susan Dziubinski et Dave Sekera, stratège en chef des marchés américains chez Morningstar, ont expliqué pourquoi Lennar LEN et RH RH constituent deux actions à privilégier compte tenu des opportunités actuelles. Voici un extrait de l’émission.

Pourquoi nous prévoyons un rebond des bénéfices de Lennar

Susan Dziubinski : Dave, vous nous avez proposé aujourd’hui cinq actions à acheter. Votre premier choix est le promoteur immobilier Lennar. Pouvez-vous nous présenter quelques-uns de ses indicateurs clés ?

Sekera : Bien sûr. Lennar est actuellement une action cotée 4 étoiles, qui se négocie avec une décote de 27 % et offre un rendement en dividendes de 2,3 %. Elle présente une cote d’incertitude élevée et nous estimons que cette entreprise ne dispose d’aucune bastille économique.

Dziubinski : Pourquoi Lennar est-elle aujourd’hui une action à louer ? Cela s’inscrit dans la thématique des constructeurs immobiliers, n’est-ce pas ?

Sekera : Exactement. Si l’on considère le secteur de la construction immobilière dans son ensemble, c’est un secteur dans lequel nous estimons qu’il est tout simplement impossible de se forger une bastille économique durable. Il est très sensible à la conjoncture économique et aux variations des taux d’intérêt. Si l’on examine l’évolution des constructeurs immobiliers au cours des cinq dernières années, depuis le début de la pandémie, en 2021 et 2022, le chiffre d’affaires de cette entreprise a progressé de plus de 20 % par an. Beaucoup de gens cherchaient à quitter les villes pour s’installer en banlieue. Vous vous souvenez des taux d’intérêt hypothécaires à l’époque ? Ils étaient ridiculement bas. Je crois que les taux d’intérêt hypothécaires avoisinaient les 3 % à l’époque. Bien sûr, le cours de l’action a alors grimpé en flèche et a poursuivi sa progression jusqu’au début de l’année 2024.

Puis, nous avons constaté un renversement de tendance et une baisse du chiffre d’affaires en 2025. Nous anticipons d’ailleurs une baisse encore plus marquée du chiffre d’affaires en 2026. Cette action a désormais perdu 50 % par rapport à ses sommets. Lorsque j’observe le graphique boursier, j’ai l’impression qu’il est en train de se stabiliser. Il évolue en effet dans une fourchette de fluctuation depuis mars.

En ce qui concerne les bénéfices, je m’avance peut-être un peu trop par rapport au redressement que nous attendons, mais nous prévoyons pour cette année un bénéfice de 5,36 USD, ce qui correspond à un ratio cours/bénéfice de 16. Ce n’est pas nécessairement très attractif en termes de ratio cours/bénéfice à ce stade, mais nous tablons sur un rebond en 2027, une fois que le taux de rotation du parc immobilier sera revenu à un niveau plus normal. Nous tablons sur une croissance du chiffre d’affaires de 5,0 %. Nous tablons sur un rebond de la marge d’exploitation, qui passerait de 6,0 % à 6,8 % ; je tiens toutefois à souligner que ce chiffre de 6,8 % représente encore environ la moitié de ce que l’on observait avant la pandémie, en ce qui concerne les marges d’exploitation.

Ce n’est pas comme si nous anticipions une nouvelle marge exceptionnelle, historiquement élevée, ou quoi que ce soit de ce genre. Si l’on rassemble tous ces éléments, on obtient un ratio cours/bénéfices de 7 pour 2027. À l’heure actuelle, cette action se négocie à seulement 12 fois notre estimation de bénéfices pour 2027.

Pourquoi RH semble sous-évaluée au regard de ses bénéfices futurs

Dziubinski : La prochaine action que vous nous proposez est RH, que certains investisseurs se souviennent peut-être sous l’ancien nom de Restoration Hardware. Présentez-nous ses principaux atouts.

Sekera : Cette action bénéficie actuellement d’une cote 4 étoiles et se négocie avec une décote de 43 %. Compte tenu de l’ampleur de cette décote et du niveau d’incertitude très élevé associé à ce titre, il se situe certes dans la fourchette des 4 étoiles, mais il offre une marge de sécurité très importante par rapport à notre estimation de juste valeur à long terme. Il s’agit là encore d’une entreprise que nous évaluons comme sans bastille économique, du fait qu’elle opère dans le secteur de la distribution et ne présente aucun avantage concurrentiel durable à long terme.

Dziubinski : Dave, pourquoi pensez-vous que RH soit aujourd’hui une action à « louer » plutôt qu’à acheter à long terme ?

Sekera : Cela tient en grande partie à la nature même de leur activité. Pour ceux qui ne connaissent pas RH, je considère qu’il s’agit d’un détaillant de mobilier de luxe — et pas simplement de mobilier. Ils s’efforcent véritablement à vendre un art de vivre. Mais nous pensons que, si l’on examine les produits de consommation discrétionnaire qu’ils commercialisent, leurs ventes seront très cycliques, étroitement liées à l’évolution globale du marché immobilier. Cette entreprise n’est pas en mesure de générer les bastilles économiques durables que nous recherchons.

Je tiens également à souligner qu’ils s’efforcent de devenir ce qu’ils considèrent comme une marque de style de vie. Ils possèdent 26 restaurants. Ils cherchent à s’en servir pour attirer de nouveaux clients, et c’est un outil de développement de la marque, qui vise à ancrer véritablement cette image de style de vie luxueux. J’ai consulté leurs menus ici, dans la région de Chicago. Je trouve que les prix sont un peu trop élevés à mon goût. Ma femme, ma fille et mes beaux-parents y sont allés une fois, je crois, et de leur point de vue, cela ne valait pas forcément la peine d’y retourner.

Mais, fondamentalement, que s’est-il passé ici ? Vous avez connu une croissance énorme de vos ventes en 2021, au début de la pandémie. Cela s’explique par plusieurs facteurs. Premièrement, une forte rotation du parc immobilier. Encore une fois, de nombreuses personnes cherchaient à redécorer leur logement ou à réaménager celui qu’elles venaient d’acheter ; la demande en mobilier neuf était très forte. De plus, il y a eu toutes ces personnes confinées chez elles au début de la pandémie. Cela a provoqué un véritable raz-de-marée d’achats en ligne au détriment des achats en magasin, et le cours de l’action s’est tout simplement envolé. Il est passé d’un plus bas lié à la pandémie de 100 USD par action à plus de 700 USD. Comme pour tout autre titre, et en particulier pour ce type d’actions que l’on souhaite louer, il s’agit ici d’un cas où l’on a extrapolé de manière excessive une croissance bien trop importante pendant bien trop longtemps. Depuis lors, le titre suit en réalité une tendance baissière à long terme.

En ce qui concerne notre modèle, si l’on examine nos prévisions, nous tablons sur une croissance de 5 % cette année. À plus long terme, nous prévoyons une croissance moyenne comprise entre 8 % et 9 %. Nous nous attendons à ce que l’activité retrouve sa stabilité, maintenant que l’entreprise a surmonté l’effet d’anticipation observé au début de la pandémie, et nous anticipons une augmentation de la marge. La marge d’exploitation que nous prévoyons pour 2026 s’élève à 9,2 %. Ce chiffre est inférieur à la fourchette historique de 11 % à 13 % enregistrée par l’entreprise. Nous prévoyons une augmentation progressive de cette marge au cours des deux prochaines années. Nous tablons sur un niveau de 10,3 % en 2027. Nous pensons que le bénéfice par action atteindra son niveau le plus bas cette année, à 5,82 USD.

À présent, cela donne l’impression que l’action est chère si l’on se base sur les bénéfices de 2026. Son cours représente en effet 26 fois les bénéfices de cette année. Mais dès que l’on commence à se concentrer sur les bénéfices que cette entreprise pourrait, selon nos estimations, réaliser en 2027, on se retrouve face à un bénéfice par action de 11 USD pour l’année prochaine. Dans ce cas, l’action ne se négocie alors qu’à moins de 14 fois les bénéfices de 2027. Lorsque nous entrerons dans la seconde moitié de cette année et au début de l’année prochaine, lorsque les investisseurs commenceront à participer à la fixation des prix des actions sur la base d’une prévision à deux ans, c’est-à-dire les bénéfices estimés pour 2027, je pense que cette action commencera vraiment à paraître sous-évaluée.

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